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Laurent Colombel
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Portrait du Pervers Narcissique

C’est aujourd’hui compliqué de pouvoir donner une définition concise de ce qu’est un pervers narcissique.

Il se définit en fonction de ses comportements.

Pour le comprendre, il est important d’apporter quelques définitions.


Q
U’EST-CE QU’UN NARCISSIQUE ?

C’est une personne accroc à l’image de lui-même. Elle met toute son énergie pour donner une image au monde.

La personne narcissique présente 2 problèmes majeurs :

1-Elle est uniquement dans la façade et le fait que l’on reconnaisse la façade qu’elle montre ne va jamais apaiser sa soif de reconnaissance. C’est un puits sans fond.

2-Pour obtenir de la reconnaissance de quelqu’un, il faut qu’il considère ce quelqu’un comme un personne de valable. Or c’est une chose impossible pour une personne narcissique parce que ça va la mettre en danger sur le moyen et long terme.

Comme elle cherche à paraître tellement prestigieuse, elle va toujours faire en sorte d’avoir en permanence les projecteurs sur elle et être au centre de l’attention.

Elle est extrêmement susceptible et incapable de prendre la moindre remarque sur elle-même sans contre-attaquer.

Elle est tellement centrée sur elle-même qu’elle n’a aucune empathie.


Photo by Matthew Hamilton on Unsplash

Q

U’EST-CE QU’UN PERVERS ?

Le pervers est une personne toxique parce qu’elle est sadique. C’est-à-dire qu’elle tire de la jouissance à faire souffrir l’autre.                                       Elle est totalement dépourvue de sentiments et de sens moral, et encline à faire le mal volontairement. Son caractère asocial se manifeste très tôt, dès l’enfance.

Q

U’EST-CE QU’UN PERVERS NARCISSIQUE ?

Il conjugue les deux, le narcissisme et la perversité, et c’est ce qui le rend dangereux.

Il est porteur d’une pathologie grave. Selon de Dr Geneviève Reichert-Pagnard, il est atteint d’une psychose blanche. Psychose = folie et blanche parce qu’il ne présente pas de gros symptômes du type hallucinations ou délires même s’il y a quelques traces.

Pour Jean-Charles Bouchoux, le pervers narcissique se situe aux frontières de la folie et qui, pour ne pas décompenser (ne pas tomber dans la folie), va tenter de rendre quelqu’un d’autre de fou à sa place.

Le pervers narcissique se sent grand lorsqu’il fait souffrir l’autre. Son pouvoir et sa puissance se mesure à son pouvoir de nuisance.

Il instrumentalise l’autre, le déshumanise, le considère comme un objet, le réceptacle de ses propres désirs.

Il est de coutume de dire que le pervers narcissique a deux visages. En réalité, non ! Il a un seul visage et de nombreux masques de circonstance !

Tous les pervers narcissiques présentent un immaturité émotionnelle qui est au centre de leur problématique. Ils sont égocentriques, paranoïaques, parfois cruels voir sadiques.

Le pervers narcissique est le spécialiste né de la manipulation, le roi de l’identification projective, l’expert du mensonge.

Il est l’anti-thèse de la résilience. Pour Boris Cyrulnik : « les personnalités qui transforment les souffrances de l’enfance en réussite sociale sont des grands manipulateurs ».

Les conséquences pour la victime sont la maladie, la dépression, la folie voire le suicide.

Il a un flair inné pour détecter sa victime avec une faculté inouïe de se caler sur la carte de son territoire.

J’utilise beaucoup la métaphore du pêcheur pour expliquer le mode opératoire général du pervers narcissique.

Vous êtes un petit poisson tandis que le pêcheur (le pervers narcissique) lance des petites boulettes d’appât comportant tout ce que vous attendez de quelqu’un et même davantage. Il peut même vous apporter encore plus que vous ne pouviez l’imaginer sans penser un seul instant que cela puisse être trop beau pour être vrai.

Vous mangez toutes les boulettes jusqu’au moment où vous croquez l’hameçon et là, vous êtes accroché. La phase de séduction s’achève pour ouvrir sur la phase emprise-destruction.

Les masques tombent et le pervers narcissique montre son réel visage, celui du démon.

Le pêcheur vous sort de l’eau, vous suffoquez, bougez dans tous les sens et lorsqu’il sent que le fil va casser, il vous replonge dans l’eau qui reprend espoir et ainsi de suite…

Le pervers narcissique, euphorique, jubile de voir le poisson souffrir et avec lequel il s’amuse. Il est dénué de toute empathie, de tout amour.

Le pervers narcissique n’a qu’une seule réalité, LUI, ensuite LUI puis après LUI et toujours LUI !

Son but, réaliser un transfert de personnalité ! Il projette tous ses angoisses sur sa victime dont il s’accapare aussi toutes les qualités.

C

ARACTÉRISTIQUES DU PERVERS NARCISSIQUE :

Cette pathologie touche les hommes comme les femmes et n’a pas de frontière. On en retrouve partout dans le monde.

Le PN évolue dans toutes les sphères, le monde familial, conjugal, professionnel, social.

Le PN est souvent une personne élégante, sympathique, extravertie, introvertie ou même réservée qui plaît par son côté charmeur. Il est très souvent intelligent… surtout dans l’art de manipuler.

Le PN a un vrai visage (le démon, le sadique) et de nombreux masques.

Le PN est égocentrique.

Le PN a une grande immaturité émotionnelle entre 3/4 et 7/8 ans. On peut parvenir à déterminer l’âge auquel il s’est arrêté lorsqu’il a des enfants. A partir du moment où il commence à « parentifier » un de ses enfants, c’est que son propre enfant à dépasser son âge émotionnel même s’il n’a que 4 ans ! Parentifier dans le sens où il commence à responsabiliser un enfant comme s’il était un adulte.

Le PN a de grandes difficultés à gérer ses frustrations. Il peut passer d’un extrême à l’autre « je t’aime à la folie »-  « je te hais ».

Comme un enfant, le PN manipule sous la forme du chantage affectif. Il râle, il boude, il pique des colères,…

Les relations amoureuses avec un PN sont instables et se résument à la tripartite séduction-domination-manipulation.

Pour manipuler les autres, le PN utilisent tous les moyens à sa disposition : supériorité hiérarchique, dépendance affective et/ou financière.

Le PN joue avec divers ressorts psychologiques comme la culpabilisation, la dévalorisation et utilise la violence verbale, physique et/ou psychologique.

Le PN est le maestro de l’identification projective. Quand il dit « tu es ceci », il faut entendre « je suis ceci ». Par exemple, s’il vous accuse de le tromper, c’est parce qu’il le fait.

Le PN abaisse toujours l’autre pour se valoriser. La baisse du niveau de l’autre fait monter le sien.

Le PN est un vampire sans affect qui aspire toute la substance vitale de sa victime, jusqu’à l’anéantir.

Au commencement, le PN utilise des petites brimades, des phrases anodines mais méprisantes, pleine de sous-entendus blessants, avilissants voire violents.
C’est la répétition de ces actes qui caractérise l’agression.

Le PN a besoin d’écraser pour exister. Il considère l’autre comme un objet utile à ses besoins de pouvoir et d’autorité.

Le PN utilise tous les moyens pour parvenir à ses fins, anéantir sa proie.

Le PN ne possède pas de personnalité propre, elle est forgée sur des masques dont il change selon ses besoins

Le PN est un être doué d’une intelligence machiavélique grâce à laquelle il est capable d’élaborer des pièges très subtils.

Le PN culpabilise à outrance sa proie, ne supporte pas d’avoir tort et est incapable d’avoir des discussions ouvertes et constructives.

Le PN est un individu mégalomane. Il se pose comme référent, comme étalon du bien et du mal, de la vérité.

Le PN met en avant ses valeurs irréprochables qui donnent le change et une bonne image de lui-même. Il peut aller jusqu’à dénoncer la malveillance humaine.

Le PN souhaite que les autres s’intéresse à lui.

Le PN montre les failles des autres. C’est une façon pour lui de ne pas voir les siennes, de se défendre contre l’angoisse d’ordre psychotique.

Le PN est dans le déni total de l’identité de l’autre.

Quand le PN perçoit une blessure narcissique, une défaite ou un rejet, il ressent un désir illimité d’obtenir une revanche. Il s’agira d’une rancune inflexible à laquelle il appliquera toutes ses capacités de raisonnement. Cela explique notamment la difficulté vécue par les victimes dans le cas d’une séparation.

Le PN est envieux notamment à l’égard de ceux qui semblent posséder les choses qu’il n’a pas ou qui simplement tirent plaisir de leur vie. L’envie est un des premiers moteurs du PN.

Le PN ne peut structurellement se satisfaire. Il va donc dénigrer, salir, humilier, détruire.

Le deuxième moteur du PN : la haine. Il ne supporte pas de voir l’autre heureux et libre. Faire souffrir l’autre est une manière d’échapper à sa propre souffrance. Faire souffrir est aussi une jouissance à part entière.

Il n’y a pas de bonne manière de se défendre d’un PN quand on est sous son emprise. Si on lui résiste, il devient enragé et si on ne réagit pas, il hait, souvent férocement.

Son orgueil est sans borne et son mépris pour les autres est gigantesque.

Le PN mêle habilement la vérité et le mensonge, feint, trompe, simule. Le pire est qu’il croit parfois sincèrement à ses mensonges.

Le PN cloisonne habilement ses différentes relations pour que personne ne puisse recouper les informations et constater qu’il ment.

Le PN est parfois conscient de ses mensonges, parfois non. Dans tous les cas, il ne reconnaîtra jamais rien et s’entêtera malgré l’évidence voire sera dans le déni total. Comme il est souvent un bon orateur, il est même capable de retourner le cerveau de sa victime qui finira par douter de que ce qu’elle a vu, entendu ou constaté.

Le PN mène avec finesse la confusion. Il a les qualités innées d’un hypnothérapeute. C’est une façon pour lui de détourner l’attention de sa victime pour mieux la piquer.

Le PN ne parle jamais précisément, ne dit pas directement ce qu’il a à dire. Il fait des sous-entendus, des allusions ce qui lui permet d’affirmer que c’est l’autre qui a mal compris, mal entendu ou qui ment.

Le PN sait se montrer si aimable, si gentil, si attentionné qu’on lui pardonne beaucoup et tout le temps.

Le PN est un fin « psychologue » qui sait très bien manipuler pour remporter l’adhésion de son entourage.

Le PN projette ses angoisses sur la victime et s’attribue ses qualités. L’autre n’est considéré que comme un double, les différences sont gommées et niées.

Le PN a besoin de l’autre pour exister car grâce à l’autre, il va pouvoir s’admirer, être valorisé, être conforté dans son narcissisme permanent.

Le PN met en place un processus dont le but est essentiellement de supprimer tout sens critique de sa victime. Cela se passera d’abord par la séduction puis la déstabilisation, la confusion, l’isolement et la peur.

Le PN veille à ce que la maltraitance ait lieu dans l’intimité.

Le PN fait en sorte d’isoler sa victime de son entourage familial, amical pour atteindre son but.

Et la liste n’est pas exhaustive….